RÉCIT

Allocution de Saint Hannibal Marie Di Francia aux habitants d'Altamura pour l'inauguration de la tombe de Mélanie dans la chapelle des Sœurs Antoniennes
le 19 septembre 1920

La pieuse cérémonie que nous accomplissons ici en inaugurant ce monument de marbre en l'honneur de la défunte Mélanie Calvat, dont les ossements reposent dans le Temple de Dieu, est une fête sacrée d'une importance singulière. [Ce qui nous réunit), ce ne sont pas les inventions de la politique humaine, les vains soulèvements de plèbes fanatiques, ou la fête tumultueuse d'un héros mondain devant son monument: marbre froid destiné à demeurer inaperçu après la retombée soudaine d'un enthousiasme spontané... Ici, c'est le principe de la foi chrétienne, c'est le pur sentiment religieux qui nous rassemble dans la Maison du Seigneur. [Pourquoi donc?] Pour évoquer de nouveau une sainte mémoire, admirer les sublimes opérations de la Grâce divine dans une créature privilégiée et souligner, chers habitants d'Altamura, le don suprême que Dieu vous fit dans sa libéralité, tout comme à nous qui donnons naissance à deux familles religieuses, et aux enfants innocents de cette terre qui est vôtre et dont les pères, vos illustres compatriotes, répandirent leur sang sur les champs de bataille pour notre Italie.? Des motifs plus sérieux, plus féconds, plus nobles, plus élevés que futiles et mondains nous réunissent donc; car des vérités demeureront et s'irradieront dans la lumière de cette tombe. Grandeur du don qui nous est fait, vous disais-je. . .
C'est précisément sur le don insigne du corps virginal de Mélanie à cette église que j'ose vous inviter à réfléchir, en vous mettant brièvement sous les yeux ce que fut Mélanie Calvat : combien Dieu l'a estimée, et tout ce qu'elle a été aux yeux des hommes. Ame en laquelle le Très-Haut répandit des grâces singulières, personnalité dont le nom retentit dans tout le monde: bien aimée de Dieu, admirée des hommes... La communauté des Filles du Divin Zèle ouverte par St Annibale auprès de la tombe de Mélanie est un pensionnat pour les orphelins de la "grande" guerre.

Vous n'ignorez pas comment, parvenue à l'âge de quinze ans, elle eut sur la montagne de la Salette, en France, la fameuse Apparition de la Très Sainte Vierge Marie, le 19 septembre 1846, dont c'est aujourd'hui le 74e anniversaire. Un docte orateur napolitain, le chanoine Domenico Scot ti Pagliara, le dit bien dans son livre du mois de septembre dédié à la Très Sainte Vierge Marie de la Salette : A peine connue, cette Apparition agita les deux mondes d'une terreur sacrée. Les paroles menaçantes de la Mère de Dieu, les différentes pauses dans lesquelles Elle apparut en Dame des pleurs, plongée dans la plus grande tristesse; et les châtiments divins qu'Elle annonça, les mystérieux Secrets qu'Elle confia aux deux bergers: tout contribua à impressionner les âmes des croyants des cinq parties du monde, à les émouvoir et à les pénétrer de la salutaire crainte de Dieu En peu de temps surgirent des églises dédiées à la Très Sainte Vierge de la Salette en France, en Italie, en Autriche, en Espagne, dans toute l'Europe catholique et jusque dans les lointaines Amériques. De pieuses stations se formèrent avec les saintes images qui la représentaient dans ses trois attitudes: - assise sur une pierre, le visage entre les mains - puis droite sur ses pieds, parlant avec les bergers - s'élevant enfin pour disparaître dans une nuée de splendeurs -. Des Confraternités sous le vocable de la Salette furent vite fondées, des fêtes annuelles s'établirent: partout, des orateurs sacrés tirent resplendir les gloires de la Dame des Alpes françaises, Mère des Douleurs.

Mais cela ne suffisait pas: d'insignes auteurs publièrent des ouvrages pour illustrer et commenter la célèbre Apparition; les populations de diverses cités accoururent en pieux pèlerinages sur la sainte Montagne, bien qu'elle fût élevée de deux mille mètres au-dessus de la mer, et très difficile d'accès, au bout de routes peu praticables et dangereuses, ainsi que j'ai pu Je constater moi-même dans mon pèlerinage à la Salette d'août 1898, Ni l'approbation ecclésiastique, ni le bienveillant intérêt du Saint Siège ne manquèrent. Tout d'abord Mgr de Bruillard, évêque de Grenoble, dont relevait la Salette, examina le fait avec le plus grand soin et l'approuva. Puis, ce fut le Souverain Pontife Léon XIII qui conféra le titre de Basilique à la belle église surgie sur la sainte montagne, et autorisa le couronnement de la Vierge de La Salette, tandis que les deux Ordres religieux des Pères Missionnaires et des Soeurs de la Salette élevaient leurs couvents sur ce sommet des grandes Alpes. Les multiples miracles et les grâces prodigieuses que la Mère de Dieu, invoquée sous le nouveau titre de Notre Dame de la Salette, répandait partout, contribuaient à accroître cet universel mouvement de foi envers la célèbre Apparition.

Mais au milieu de ce spectacle de dévotion et d'amour, une créature apparaissait aux regards de tous comme l'idéal de l'innocence paradisiaque, et se transformait presque en ange, comme pour refléter les rayons divins de la Reine du Ciel et de la terre: Mélanie ! Ce nom si beau, si doux et suave à prononcer, courait sur les lèvres de tous. Une bergère solitaire des cimes des Alpes, sur les versants de la Savoie, menant ses tendres agneaux ou ses vaches paisibles, tout à coup visitée divinement par la sainte Mère de Dieu qui lui parle, lui confie un secret, la captive par sa présence, enfonce en son jeune coeur un dard de la peine qui la transperce Elle-même, la Douloureuse Mère de Dieu et des hommes...!

Pour les croyants du monde entier, la regarder ainsi à travers l'émouvant récit de cet événement sacré attirait, ravissait les coeurs dans un sentiment d'affection, de sympathie intime et sacrée pour l'enfant privilégiée. Combien désirèrent la voir, l'entendre parler, baiser un pan de son vêtement! Elle me disait un jour, dans une sainte simplicité: "II me fut dit une fois qu'après l'Apparition j'étais l'objet de louanges et d'admirations, mais je ne m'apercevais jamais de rien". Elle ne s'apercevait ni des applaudissements, ni des ovations, ni de l'admiration qui, de loin ou de près, l'entouraient. Elle était bien fondée dans les plus héroïques vertus, la petite Mélanie de quatorze ans!

Tout le monde a cru que ce fut l'Apparition de la Très Sainte Vierge qui ouvrit l'intelligence de l'humble fille de Pierre Calvat à la connaissance des choses du Ciel; et que pour cela, après l'Apparition, elle fut placée à l'école des Soeurs afin d'être instruite... Mais on se trompait. Mélanie Calvat, tel qu'elle l'écrit dans ses Mémoires au nom de l'obéissance -des pages débordantes de la plus pure vérité- voyait l'Enfant Jésus depuis l'âge d'un an. Lorsque, marchant encore à quatre pattes, elle s'acheminait vers le bois voisin mais tombait par terre, entraînée par un instinct mystérieux, c'est l'Enfant Jésus qui la soutenait et la reconduisait à la maison. Cela lui était incompréhensible alors; mais elle le comprit bien à l'âge de trois ans, chassée de la maison paternelle et réfugiée dans le bois, elle y demeura vingt jours. L'Enfant Jésus lui dévoila à ce moment là tout son avenir, hérissé d'épines et de croix de toute espèce.

C'est dans ce bois que le Divin Amant l'appelait: « Soeur, Soeur de mon cœur ! » ; la nourrissait en lui donnant de [ mystérieuses] violettes à manger, et l'instruisait des rudiments de la religion chrétienne, à commencer par le signe de Croix; c'est dans ce bois qu’il l'invitait à cueillir des fleurs. Et ce fut dans ce bois, qu'une autre fois, - écoutez bien, messieurs, et soyez étonnés - la petite Mélanie n'ayant pas encore cinq ans révolus, l'Enfant Jésus lui apparut avec le même âge; il lui raconta sa douloureuse passion en suscitant en elle le plus ardent désir d'être, comme Lui, crucifiée. Elle Lui répondit: « Donne-moi, donne-moi mon Frère, tes plaies et tes épines!» Le Divin Amant la couronna alors d'épines, et transperça ses petites mains, ses petits pieds et son petit coeur de Ses stigmates sacrées.

Grâce très admirable, très singulière, peut-être unique, que celle de recevoir ces blessures d'amour avant l'âge de cinq ans! En aucune vie de Saint, on ne découvre de don semblable dans un âge si tendre. Mais personne ne pénétrait un tel mystère. La gracieuse enfant savait se taire et garder en elle le secret du Roi: Sacramentum Regis abscondere bonum est ! Elle croissait en âge. Sa mère, de pauvre condition, la plaçait en service, tantôt chez une famille de paysans, tantôt chez des bergers, tantôt à la montagne, tantôt dans la vallée; une fois, dans une famille de voleurs. Partout, Jésus était avec elle, et elle était avec Jésus. Dans les champs, au milieu des petites brebis, tous les vendredis, ses sacrés stigmates s'ouvraient et saignaient, mais personne n'en savait rien. Loups, renards et lièvres se mêlaient à son troupeau et se tenaient paisibles à ses pieds. Souvent, elle parlait avec les fleurs, avec les oiseaux qui se posaient sur elle, et les invitait à louer Dieu. Souvent, elle demeurait ravie dans la contemplation des grandeurs divines; et le céleste Frère lui découvrait ses mystères les plus cachés. Plus d'une fois, elle fut honorée de l'apparition de la Très Sainte Vierge qui l'appelait "ma fille unique!" et lui donnait des règles de vie sainte. O! combien de tableaux d'une rare beauté pourraient représenter ces premières années, la montrant tantôt solitaire avec Dieu dans l'ombre touffue des bois, ou dans les montagnes, entre les agneaux, s'entretenant avec les beautés de la nature, tantôt saignante et transpercée en d'amoureuses défaillances.

Deux ans avant que lui apparût la Très Sainte Vierge à la Salette, elle eut une merveilleuse vision de la Très Sainte Trinité, dans laquelle Dieu le Fils, en présence du Père et du Saint Esprit, assisté de la Très Sainte Vierge Marie et de légions d'Anges, de Vierges et de Saintes, lui mit au doigt l'anneau de l'époux. Elle était alors agenouillée au coeur d'une campagne solitaire où elle paissait le troupeau de ses maîtres.L'Apparition de la Salette l'arracha à sa chère solitude, et la mit à la vue de tout le monde. Alors, s'ouvrit pour elle un nouveau genre de vie rempli de tribulations d'une part, et de nouveaux charismes divins d'autre part. Elle fut cédée par son père pour trois cents francs à un monsieur qui s'était entremis pour réaliser l'ardent désir de Mélanie d'entrer dans un cloître. Après plusieurs années, elle fut expulsée de France par Napoléon III et trouva asile chez les Carmélites de Darlington, en Angleterre. Elle en sortit à l'âge de vingt six ans pour faire connaître le Secret de la Salette que la Très Sainte Vierge lui avait demandé de tenir secret douze ans seulement.

De suite elle fut invitée, contrainte même, à se rendre en Grèce pour enseigner la langue italienne dans un collège de jeunes filles italiennes. Elle ignorait cette langue, mais la Très Sainte Vierge, comme elle-même me le raconta, lui en donna la connaissance infuse. Elle y trouva la révolution, les murailles inondées de sang ; plus d'une fois elle fut atteinte dans le dos, mais les projectiles l'effleuraient à peine et tombaient à terre.

Elle rentra en France, revint à Marseille où elle connut Mgr Petagna, Evêque de Castellamare di Stabia, qui la conduisit dans son diocèse et eut alors la bonne fortune d'y posséder la sainte bergère privilégiée de la Salette. Elle demeura plus de dix-huit ans à Castellamare di Stabia et devint éducatrice de jeunes filles, exerçant cet office avec le plus grand zèle du salut des âmes. A Monseigneur Zola succéda [auprès d'elle] à Monseigneur Petagna A cette époque, le Souverain Pontife Léon XIII, très dévot de la Vierge de la Salette, la voulut à Rome pour avoir la consolation de la voir et de lui parler. Puis Monseigneur Zola, transféré de Castellamare à Lecce, la conduisit avec lui à Galatina où elle demeura cinq ans, rnéconnue. J'eus le grand avantage de l'avoir [auprès de moi] à Messine durant un an, dans le but de donner un bon départ à ma Communauté des (( Filles du Divin Zèle » qu'elle aima immensément jusqu'à me dire: (( Je suis de votre Congrégation ». Et elle voulut porter jusqu'à la tombe, sur sa poitrine, l'emblème sacré du Coeur très saint de Jésus que portent ces Soeurs avec la devise sacrée: ((Rogate ergo Dominum messis, ut mittat Operanos rn messem suam ».

Appelée par Jésus son divin Epoux, elle quitta Messine et se rendit d'abord à Moncalieri, puis en France à Amiens, ensuite à Diou, à Cusset, et en d'autres villes de ce pays, jusqu'à ce que, se souvenant de sa chère Italie et de son voeu: «( Je ne veux pas mourir en France, mais en Italie », elle quitta la France pour revenir dans notre péninsule. O Messieurs, saluez la locomotive qui traverse le long tunnel du Mont Cenis et la transporte à Turin, et de Turin à Altamura ! Saluez les Anges qui la gardent en ce voyage, les Anges de cette terre que je m'imagine exultant de joie, allant à sa rencontre. Rendez grâce à votre grand Protecteur, Saint Joseph, et à votre Protectrice, Sainte Irène, Vierge et Martyre, qui vous la conduisirent dans cet antique pays, pour la dernière étape de sa vie !

Mais quelle furent les voies providentielles par lesquelles le Très Haut la voulut ici ? Vous l'avez ignoré jusqu'à présent, mais en ayant eu connaissance, je vous l'apprends afin que vous sachiez apprécier le don de Dieu. Mélanie écrivit de France à l'une de ses filleules, à Gragnano, du nom de Rosa Cimmino, afin qu'elle demandât à l'un de ses anciens confesseurs, le Révérend Père Fusco, Rédemptoriste d'heureuse mémoire, de lui trouver un pays et un lieu où elle ne fût connue de personne. Le Père Fusco en parla au Révérend Père Recteur du Sanctuaire de la Vierge de Pompei, le Dominicain Carlo Cecchini, bien connu de vous. Le Père Cecchini reçut avec grande joie la proposition d'accueillir, près du Sanctuaire, la Chère Bergère; mais celle-ci répondit au Père Fusco qu'elle ne voulait pas se rendre en des lieux de pèlerinage par crainte d'être reconnue.

A cette époque, le Père Cecchini fut nommé Evêque d'Altamura, et proposa à Mélanie de s'y rendre. Elle en fut bien réjouie, la Privilégiée de Marie, et vint ici en juin 1904, ignorée de tous, sauf de Son Excellence Monseigneur Cecchini, qui la confia, en la présentant comme une dame française, à la noble, pieuse et aimable demoiselle Emilia Giannuzzi, d'inoubliable mémoire, qui fut heureuse de l'héberger.

Vous la vîtes se rendre à la Cathédrale chaque jour, profondément recueillie, s'approcher de la Sainte Table Eucharistique avec de profondes inclinations, et puis, silencieuse, se mettre, dans l'angle de la Chapelle de la Mère Douloureuse, et s'isoler dans la contemplation de son Bien Aimé. Mais après trois mois, sentant qu'elle s'acheminait vers le terme de sa vie tourmentée, prenant congé de sa chère et hospitalière amie, Mélanie prit pension, pour y habiter seule, dans un appartement hors des murs de la ville. Elle y demeura trois mois, et plusieurs Prêtres vinrent de France pour la voir et lui parler. Vous savez bien, Messieurs, comment elle voulut mourir seule, visitée seulement par Jésus, son Divin Epoux et par son Immaculée Mère Marie.

A ce point de notre récit Messieurs, je vous découvre un nouveau plan de la Divine Providence. Ensevelie dans la tombe nobiliaire de la famille Giannuzzi, dans votre cimetière, la Virginale dépouille de Mélanie y serait demeurée dans l'oubli... Notre Seigneur Jésus Christ en avait disposé autrement Dans mon coeur, et dans le coeur de tous les miens, brûlait le désir de nous approcher de cette cité de laquelle nous ne savions rien avant la mort de Mélanie, et dont nous ignorions même le nom. Après quoi je m'y rendis souvent pour visiter la tombe et y prier .

L'édifice où nous nous trouvons s'était élevé, sur l'initiative de son Excellence Monseigneur Cecchini, pour servir à une communauté religieuse et pour que l'on y transporte le corps virginal de l'humble Servante du Seigneur. Or, l'âme sainte de Mélanie priait pour que ses chères enfants, les « Filles du Divin Zèle du Coeur de Jésus » et leur indigne prêtre que je suis, veillent sur son corps. Et il nous fut donné par votre pieux, généreux et digne Evêque, Monseigneur Verrienti, à qui va notre gratitude.

Deux ans se sont écoulés aujourd'hui depuis que, de nuit, nous avons transporté jusqu'ici la virginale dépouille de notre bien-aimée Mélanie. Nous sommes immensément reconnaissants à la douce et suave bonté du Coeur très saint de Jésus de nous avoir accordé, en couronnement d'un don aussi inestimable, la grâce d'élever ce monument en l'honneur de la chère et sainte mémoire de la Bergère de la Salette, devenue Bergère des âmes. Observez-Ie, ce monument, Messieurs! Sur une haute base s'élève le bas-relief carré qui représente la troisième pause de j'Apparition de la Salette. Son Apparition terminée, la Très Sainte Vierge s'élève dans les airs et disparaît... A côté, une âme paraît suivre la Très Sainte Vierge dans son ascension: imaginons que ce soit Mélanie. Sous le bas-relief se trouve un choeur d'anges avec leurs faces en contemplation, et plus bas, cette inscription, dont il vous sera agréable de lire les paroles :


ICI, DANS LE SAINT TEMPLE DE DIEU, REPOSENT DANS LA PAIX LES RESTES DE L'HUMBLE BERGÈRE DE LA SALETTE

NÉE A CORPS PETIT P AYS DE FRANCE,
LE VII NOVEMBRE 1831,
MORTE EN ODEUR DE SAINTETÉ LE XIV DÉCEMBRE 1904 A ALTAMURA.
SA VIE NE FUT QUE TRAVAUX ET AFFLICTIONS. AVEC TOUTE L'AFFECTION DE LEUR COEUR, LES FILLES DU DIVIN ZÈLE DU COEUR DE JÉSUS AUXQUELLES APPARTINT CETTE COFONDATRICE REMPLIE DE SAGESSE. OH, AME ÉLUE, T'INVOQUERONT ET IMPLORERONT TOUJOURS ICI L'ÉTERNELLE PAIX.


TES CHÈRES FILLES ET SOEURS EN JÉSUS ET MARIE